Les îles d'Hyères


L'archipel des îles d'Hyères est composé de trois îles principales, Porquerolles, Port-Cros, l'île du Levant et d'une multitude d'îlots. Les anciennes îles Stoechades, déjà connues des navigateurs grecs, devinrent, au Vème siècle, la propriété de l'abbaye de Lérins puis celle du Thoronet.
Mais la piraterie sarrasine et l'âpre concurrence qui opposait les armateurs génois, turcs, français ou espagnols, en firent des proies convoitées et vite dépecées par ces marchands-brigands. Abordages sanglants, pillages et déprédations en tout genre poussèrent les rois de France à ériger, au XVIème siècle, l'archipel en marquisat des îles d'Or et à y établir des forts puissamment armés. Même Vauban s'y intéressa mais ne put éviter les incursions répétitives et désastreuses des navires anglais alors ennemis.

Sur Porquerolles, la plus vaste des trois îles avec ses mille deux cent cinquante hectares, s'est développée une agriculture de type méditerranéen. Champs de fleurs, vergers d'agrumes, oliveraies s'intercalent au cœur d'une végétation naturelle touffue.
Pins et eucalyptus, cistes et myrtes, bruyères et arbousiers en ont fait un site privilégié et le Conservatoire botanique national de Porquerolles, ouvert en 1979, sur cent quatre-vingt hectares, se veut un centre de biotope du sud de la France et de la Corse.

 

Le fort Sainte-Agathe, construit sous François Ier, devait protéger l'île de Porquerolles des indésirables visiteurs venus du grand large et Napoléon Ier lui-même projetait d'y installer nombre de batteries. Le fort du Grand-Langoustier fut construit au XVIIème siècle et celui de la Repentance, à la fin du XIXème siècle. Au cours du XIXème siècle, les habitants, regroupés en village, se dotèrent d'une église dédiée à Sainte-Anne et d'un phare.

Rachetée dans son intégralité par Marius Fournier, en 1912, l'île devint alors une grande exploitation viticole. Actuellement l'écosystème rare et fragile de Porquerolles a besoin de toute l'aide de l'état pour assurer sa pérennité. 

 

porquerolles001.jpg (38140 octets) Etroite barre rocheuse qui surgit des eaux, l'île du Levant se veut secrète. La marine nationale en possède la plus grande part et s'y livre à des essais dans la plus parfaite tranquillité. Depuis le port de l'Ayguade, des sentiers balisés serpentent au cœur de la Réserve de nature du domaine des Arbousiers.

Dans les fonds de lumière bleue, les herbiers à posidonies ondulent en silence, effleurés par le trait vif des bancs de poissons argentés. Oursins et gorgones, anémones et éponges palpitent en cadence, relayés par le ballet discret des poulpes et des seiches et la lente procession des mérous ?

Sans doute, la pureté des eaux de la Méditerranée, la légèreté du vent qui frise le sommet des vagues et la chaleur tonique d'un soleil jamais avare de lumière, ont rendu aux hommes l'innocence de l'enfance nue. C'est le monde clos de l'île du Levant qui, protégée des regards avides et des souillures de l'âme, offre ce retour à l 'état de nature. Héliopolis, la cité du soleil, fut fondée en 1931 par les médecins naturistes André et Gaston Durville.

   

Le Parc National sous-marin
de Port Cros

L'île de Port-Cros est la plus petite des trois îles d'or de la côte d'hyères.

A près de quinze kilomètres du continent, montagneuse et un peu sauvage -elle n'est habitée en permanence que par une trentaine de personnes-, elle possédait les qualités nécessaires et inhérentes à la création, en 1963, d'un parc national.
L'originalité de ce parc, qui s'étend sur un domaine insulaire comprenant Port-cros et l'île de Bagaud mais aussi les îlots de la Gabinière et du Raccas, tient au fait qu'il englobe aussi un domaine marin s'étendant, en auréole, sur mille huit cent hectares autour de l'archipel.

Du Mont Vinaigre à 194 mètres d'altitude, à ses criques bleues, Port-Cros protège plus de 500 espèces de plantes insulaires rares et dans ses palmiers, séjournent en longues esclaves les grands oiseaux migrateurs, venus côtoyer les oiseaux nicheurs sédentaires, mais aussi les lézards, les papillons et les cigales bavardes.

Poissons, oursins et poulpes se cachent et jouent dans les herbiers à posidonies. En empruntant, munis de palmes, de masques et de tubes, le sentier sous-marin ou installés derrière les hublots du bateau de découverte sous-marine, les visiteurs du parc national de Port-Cros font des balades insolites dans les fonds turquoises d'un littoral qui a conservé, à l'instar de sa pinna nobilis, sa moule géante, une richesse et une vigueur originelle intactes.

Les forts du Moulin, de l'Estissac, de l'Éminence et de Port-Man rappellent que la sauvegarde du littoral passait, naguère, par une vigilance constante et la riposte foudroyante au moindre défi d'une voile ennemie. Napoléon Ier, en bon stratège, n'a jamais négligé la mise ne défense de cette île considérée comme un bastidon avancé du littoral. L'île de Port-Cros a changé de vocation et si elle se protège c'est pour mieux nous réserver ses trésors et sa beauté.


  

L'Île du Levant

Large d'à peine un kilomètre, le bras de mer dit Passe des Grottes sépare l'île de Port Cros de celle du Levant.
Cette dernière est constituée pour l'essentiel d'une arête rocheuse courant du sud ouest au nord ouest sur quelque huit kilomètres, mais dont la faible largeur (1000 mètres au maximum) suffit à peine à caser le Centre d'Essais d'Engins guidés de la Marine nationale, qui occupe la moitié orientale de l'île.

le_levant001.jpg (32683 octets)Demeure libre la partie sud-ouest, avec son "centre naturiste" d'Héliopolis, dont les adeptes, pour ce qui les concerne, se distinguent des militaires s'affairant autour d'engins le plus souvent "top secret" en ce sens qu'ils n'ont, eux, plus rien à cacher!